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La nouvelle réalité pétrolière pour Yasuní Imprimer Envoyer
Jeudi, 10 Mai 2007 17:11
D'après saveyasuni.org

Huit concessions de pétrole couvrent le territoire du Parc National Yasuní et de la Réserve Ethnique Huaorani. De plus, 20 concessions pétrolières contiguës se trouvent de l'autre côté de la frontière, au Pérou. Ce "paysage pétrolier" a profondément changé durant les derniers mois. Voici une mise à jour bloc par bloc des derniers changements et des projets pour le futur.

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Bloc 15 - Le changement le plus important dans le paysage pétrolier concerne le Bloc 15. Le 15 mai 2006, le gouvernement de l'Equateur a annulé le contrat d'Occidental comme opérateur du Bloc 15. En d'autres termes, l'Equateur a expulsé une compagnie pétrolière américaine du pays ; un changement de cap qui en a surpris beaucoup. L'Equateur affirme qu'Oxy a violé les termes du contrat quand la compagnie a vendu 40% du bloc en 2000 à une autre compagnie, sans autorisation du gouvernement.

Ce changement a été particulièrement frappant à cause du fait que le Bloc 15 était le plus productif d'Equateur. En 2005, environ 100,000 barils par jour étaient extraits du Bloc 15, soit environ un cinquième de la production du pays. De plus, le Bloc 15 contient le gisement de pétrole Eden-Yuturi, le champ le plus productif de l'Equateur (66,000 barils par jour).

Petroecuador, la compagnie pétrolière d'Etat, s'est immédiatement emparée du Bloc 15. Il y a eu beaucoup de spéculations sur le fait que Petroecuador formerait rapidement un partenariat avec une autre compagnie pour exploiter effectivement le bloc. Des compagnies d'Etat du Brésil (Petrobras), de Colombie (Ecopetrol), du Chili (Enap), de Chine (Sinopec) et de Malaisie (Petronas), ainsi que l'espagnole Repsol YPF ont toutes exprimé leur intérêt pour l'exploitation du Bloc 15. Cependant, il semblerait maintenant que Petroecuador va rester le seul opérateur du Bloc 15 au moins jusqu'en janvier 2007. 

Bloc 31 - En avril 2006, la compagnie Petrobras a annoncé qu'elle avait modifié de façon significative son projet du bloc 31. Le plus important, c'est que la compagnie ne construira pas de voie d'accès ou d'usine de traitement à l'intérieur du Parc National Yasuní ; au lieu de cela, Petrobras prévoit d'accéder les deux plate-formes de forage par hélicoptère, et de construire l'usine de traitement à quelques kilomètres en dehors du parc. Ces changements sont survenus suite à l'intense opposition des groupes environnementaux et scientifiques à la construction d'une route et d'une usine dans un parc national. Le Ministre de l'Environnement de l'Equateur a tenu compte de cette opposition et a obligé Petrobras à revoir son projet. Le cabinet de consultants Entrix, spécialisé dans les questions environnementales, est en train de préparer les nouvelles études d'impact environnemental.

Les dirigeants des Huaorani, cependant, continuent à affirmer qu'ils sont opposés à toute nouvelle exploitation pétrolière par Petrobras, avec ou sans route, sur leur territoire ancestral. En mai 2006, le Président et le Vice-Président de l'ONAHE (Organisation de la Nationalité Huaorani de l'Equateur), et la présidente de l'AMWAE (Association des Femmes Huaorani de l'Equateur) se sont tous rendus au Forum Permanent des Nations Unies sur les Questions Indigènes à New York. Au cours des réunions, les chefs des Huaorani ont appelé Petrobras à quitter leur territoire. 

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Blocs 14 et 17- En mars 2006, la compagnie Andes Petroleum a finalisé son achat des blocs 14 et 17 auprès de la compagnie canadienne EnCana. L'achat incluait également la part importante d'EnCana dans l'Oléoduc de Pétrole Lourd (OCP). Andes Petroleum est un partenariat entre deux compagnies pétrolières d'état chinoises, CNPC et Sinopec. Andes Petroleum a précisé qu'elle prévoit d'investir 200 millions de dollars en exploration et exploitation. Cependant, beaucoup sont préoccupés par la perspective d'une augmentation des tests sysmiques dans les deux blocs, en particulier en ce qui concerne le Bloc 17 ; une grande partie de ce bloc correspond à un territoire utilisé par un groupe indigène qui vit en isolement volontaire, nommé Taromenane. On s'attend à ce que le gouvernement finalise prochainement la délimitation de la Zone Intangible, une zone d'interdiction destinée à protéger les Taromenane. Toutes les activités pétrolières seront interdites dans cette zone. Une grande partie du Bloc 17 en fera partie.

Bloc ITT - Le Bloc ITT (nommé d'après les gisements Ishpingo-Tiputini-Tambococha), ou Bloc 43, est un cas particulier. Les plus grandes réserves de pétrole de l'Equateur se trouvent dans cette zone, soit plus de 900 millions de barils. Cela représente près du quart des réserves totales de l'Equateur. Il y a une intense pression politique et économique pour développer ce bloc, même s'il est situé dans une partie presque intacte du Parc National Yasuní. Le gouvernement a indiqué que pour exploiter ce bloc, il va certainement former un partenariat avec une autre compagnie d'état, la brésilienne Petrobras et la chinoise Sinopec étant les candidats les mieux placés. On s'attend à ce que Petroecuador nomme son partenaire prochainement. nr3

Pérou - Si l'on passe la frontière depuis le parc Yasuní vers le Pérou, on arrive dans un ensemble de 20 concessions pétrolières contiguës. Le gouvernement péruvien encourage l'exploration et l'exploitation dans cette région. En avril 2006, le gouvernement a confié l'immense Bloc 117 à la compagnie pétrolière nationale du Brésil, Petrobras. Le gouvernement s'apprête également à louer le Bloc 121 à la compagnie américaine Barrett Resources, qui contrôle déjà le Bloc 67. Du pétrole a récemment été découvert dans le Bloc 67 et le Bloc 39 adjacent (opéré par la compagnie espagnole Repsol), confirmant la présence de réserves de pétrole dans la région. Du pétrole est extrait depuis des années du Bloc 1AB, juste au sud-ouest du Bloc 39. Au sud du Bloc 1AB, la compagnie américaine Occidental (Oxy) a réalisé deux forages d'exploration au cours de ces deux dernières années. 

Le nord de l'Amazonie Péruvienne abrite de nombreux peuples indigènes, incluant des tribus vivant en isolement volontaire. Le 12 juin 2006, à Iquitos, l'organisation indigène régionale représentant les peuples indigènes du nord de l'Amazonie Péruvienne (ORAI, Organización Regional Aidesep Iquitos) a adopté la “décision irréversible de n'accepter aucune activité pétrolière dans les blocs 117, 67, 39, 121, 104 et 106." Les peuples indigènes de cette région indiquent que la contamination grave du Bloc 1AB est la principale raison de leur ferme opposition à de nouvelles activités pétrolières.