header fotos

AmazoniaPorLaVida4.jpg
Le Territoire Huaorani Imprimer Envoyer
Jeudi, 10 Mai 2007 12:31
Le territoire traditionnel des Huaorani s'étendait sur une surface approximative de 2’000.000 hectares, entre la rive droite du Napo et la rive gauche du Curaray. Ils ont maintenu l'indépendance et la défense de leur territoire au moyen d'actions guerrières. A partir de 1958, avec la présence permanente de l'ILV (Institut Linguistique d'Eté, Instituto Lingüístico de Verano), l'époque du contact avec l'extérieur a commencé.
ind Le peuple Huaorani est chasseur-cueilleur, et a besoin d'une grande étendue de territoire pour maintenir ses pratiques de production et de consommation. Ils doivent constamment se déplacer à travers leur territoire ; au début du siècle dernier, ils se déplaçaient entre le Napo et le Curaray. La pression de l'appropriation du territoire de la part des compagnies pétrolières, à travers les concessions ; des forestiers, à travers l'achat de forêts ; des colons qui prenaient possession des cultures ; de l'Etat qui délimitait des terres de colonisation, etc..., a réduit la zone de mouvement des Huaoranis à la zone du  Tivacuno-Curaray.

Ils ont commencé le contact avec le monde occidental en 1958 par l'intermédiaire des missionnaires évangélistes de l'Institut Linguistique d'Eté (ILV). Le travail de la mission évangélique consistait à déblayer la zone pour que les compagnies pétrolières puissent entrer. L'ILV a proposé la création d'une réserve indigène qui a finalement été créée en 1983, avec une superficie de 612 000 hectares.

En 1990 l'Etat a reconnu un territoire réduit à 612.560 hectares.

Les entreprises pétrolières ont influé par la création d'une organisation pour la communication avec les entreprises, ONAHE, comme une instance de mise en relation avec l'industrie elle-même. “L'Accord d'Amitié, espect et appui mutuel”, conclu entre Maxus et l'ONAHE, avec une durée de validité de 20 ans, précise que les Huaoranis “ne s'opposent pas à l'exploitation des hydrocarbures sur leur territoire, et que par conséquent le moratoire d'exploration et d'exploitation ne sera plus sollicité, et ils collaboreront étroitement avec l'entreprise pétrolière”.

Dans le document qui a ‘donné’ la terre aux Huaorani, il était écrit que le sous-sol serait administré par l'Etat : "les adjudicataires ne pourront pas empêcher ou mettre un frein aux travaux d'exploration et/ou d'exploitation minière et pétrolière réalisées par le Gouvernement national et/ou des personnes naturelles ou juridiques légalement autorisées”.

Actuellement, beaucoup de personnes de ce peuple ont perdu leur tradition de chasseurs-cueilleurs et, au lieu d'être indépendants, ils sont devenus dépendants des entreprises pétrolières. Ces entreprises les ont rendus dépendants par les aliments et les médicaments qu'ils leur fournissent, provoquant de profonds changement dans leurs habitudes alimentaires. L'incursion de travailleurs pétroliers dans le territoire Huaorani a aussi signifié l'introduction de maladies graves comme l'hépatite B, la malnutrition, et des impacts culturels graves. Des centres de vie ont été formés dans le parc, qui, bien qu'ils soient habités par des Huorani, répondent à un mode de vie et de relation avec l'environnement très différent du modèle traditionnel.

Trois clans nommés Tagaeri, Taromenane et Oñamenane ont décidé d'éviter tout contact avec le monde extérieur et ont maintenu leur mode de vie grâce au fait qu'ils vivent sur des territoires peu fréquentés.

En 1996, la CONFENIAE (Confédération des Nationalités Indigènes de l'Amazonie Equatorienne) et l'ONHAE ont déposé une plainte devant la Cour Interaméricaine des Droits de l'Homme (CIDH) de l'Organisation des Etats Américains (OEA), en accusant le Gouvernement de l'Equateur et les entreprises pétrolières d'attenter aux droits des populations indigènes. Cette plainte a conduit à une visite de la commission et à la réalisation d'un document énumérant des recommandations.

L'examen de la situation des droits humains dans la région Est de l'Equateur (Oriente) a été impulsé par le dépôt d'une plainte au nom du peuple Huaorani, qui signalait que celui-ci était sous la menace imminente de graves violations des droits humains dues aux activités d'exploitation du pétrole prévues au coeur de ses terres traditionnelles. La CONFENIAE a affirmé que les activités affecteraient de manière irréparable les Huaorani, en menaçant leur survie physique et culturelle, en violation des garanties inscrites dans la Convention Américaine sur les Droits Humains et la Déclaration Américaine des Droits et Devoirs de l'Homme. La Commission a recommandé de prendre des mesures pour prévenir les conséquences de ces activités.

Le 10 mai 2006, la Commission Interaméricaine des Droits Humains a accordé des mesures de protection en faveur des peuples Taromenani et Tagaeri. Ces mesures suggèrent d'agir pour protéger les droits et garantir la vie de ces clans. La CIDH "a sollicité auprès de l'Etat Equatorien l'adoption des mesures nécessaires pour protéger de la présence de tiers le territoire habité par les bénéficiaires".

Le 18 avril 2007, le président Rafael Correa a annoncé l'adoption d'une politique gouvernementale pour sauvegarder la vie de ces peuples, en assumant la responsabilité de protéger leurs droits fondamentaux et en s'engageant à conduire des efforts pour éliminer les menaces d'extermination et garantir la défense des droits humains, collectifs et individuels des peuples qui vivent en isolement volontaire.

Sources :

1 www.codenpe.gov.ec/waorani.htm

2 Edmundo Guerra, Pueblos indígenas y petróleo: El caso Ecuatoriano, Quito Ecuador, 2004

3 Organización de la Nacionalidad Huaorani de la Amazonia Ecuatoriana.

4 www.cidh.org/countryrep/Ecuador-sp/Capitulo%209.htm

5 www.cidh.org/annualrep/2006sp/cap3.1.2006.sp.htm